12 août 2016

Y a-t-il un anesthésiste dans la salle ?

C'était vendredi dernier le 5 août que j'avais mon traitement de radiofréquence à l'hôpital Hôtel-Dieu de Québec. Sachant depuis le 21 juin dernier que j'avais toujours 3 lésions hépatiques au foie, j'attendais donc cette date avec impatience. 

Je me suis préparé pour ce traitement un peu comme si je m'étais préparé pour une compétition de triathlon. En effet, dans les 6 semaines précédant le traitement, j'ai réussi à retrouver un bon volume d'entraînement de natation, de vélo et de course et donc par le fait même une bonne condition physique. Dans les jours qui ont précédé le traitement, j'ai pris ça «easy» comme je l'aurais fait avant une compétition afin d'être en forme et reposé.

Je crois beaucoup en une bonne forme physique dans mon combat quotidien contre la maladie. Je suis persuadé que cela m'aide à augmenter mes chances de guérison et aussi à mieux encaisser tout ce que mon corps doit encaisser. Bien sûr cela aide aussi à garder un bon moral à travers tout ça. 

Parlant de mieux encaisser ce que mon corps doit encaisser, je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait à ce niveau. En effet, après avoir dégusté un savoureux souper avec une bonne bouteille de vin la veille du traitement, il fallait que je sois à l'hôpital à 7h45 le lendemain matin. Après m'être changé, et avoir complété les préparatifs (installation du cathéter et les prises de sang), je me suis dirigé vers la salle d'opération où j'étais attendu par l'équipe du Dr Côté (le radiologiste-interventionniste qui allait faire l'intervention). Celui-ci est venu me voir rapidement pour m'expliquer l'intervention comme suit : 

Dr Côté : Bonjour François. Nous allons procédé à un traitement de radiofréquence ce matin pour brûler tes trois lésions hépatiques au foie. Il s'agit d'un traitement très efficace. Une fois que tout sera en place, chaque brûlure sera d'une durée de 12 minutes. Pour ce genre de traitement, on procède par anesthésie générale environ la moitié du temps, mais étant donné qu'il n'y a pas d'anesthésiste ce matin, nous allons procédé par sédadif, mais tout devrait très bien se passer sans que tu ne souffres. 

Moi : Eeee ok, pas de problèmes. 

Moi dans ma tête : Pas d'anesthésiste ?!? What the fuck ? J'imagine que c'est un peu ça aussi le système québécois. 

Quelques minutes plus tard

Dr Côté : François, après avoir regardé les images, tes lésions ont grossi de quelques millimètres depuis ton IRM du mois de juin. Je vais donc devoir utiliser des aiguilles plus grosses pour procéder. Normalement avec ce type d'aiguilles on procède systématiquement par anesthésie générale. Voici donc ce que je te propose. On va y aller une lésion à la fois et si jamais c'est trop douloureux, on va cesser le traitement et on complétera une autre fois d'ici une semaine ou deux. Je vais quand même te donner une bonne dose de sédatifs pour que ce soit le moins pire possible.

Moi : Eeee ok, allons-y comme ça. 

Moi dans ma tête : Regarde-moi la face. Je pense que tu sais pas à qui t'as affaire ce matin. Tu viens de me dire que ça l'a grossi de quelques millimètres et tu penses que je vais repartir d'ici sans que tout soit brûlé et attendre quelques semaines avant de faire le reste ? Fait ce que t'as à faire et je m'occupe de la douleur. 

Place au traitement 

Dès le premier 12 minutes pour la première lésion c'était juste trop douloureux. J'étais conscient de la douleur, mais j'étais aussi pas mal dans les «vap» ce qui faisait que le 12 minutes semblait passé un peu plus vite. Une fois terminé, Dr Côté m'a demandé si on continuait avec la deuxième chose à laquelle j'ai acquiescé. 

Le traitement de la 2e lésion n'a pas été plus facile non plus. Je me souviens que l'équipe sur place me passait de plus en plus souvent une serviette dans le visage afin d'enlever la sueur. Une fois terminé, Dr Côté m'a demandé si on brûlait la 3e lésion chose à laquelle j'ai acquiescé (rendu là pas le choix). 

Le traitement de la 3e lésion a été tout aussi douloureux, mais je me rappelle plus de grand chose mise à part quand le Dr Côté m'a annoncé que c'était terminé. Pour tout dire, je ne me souviens même pas comment on m'a ramené à la chambre par la suite, puis à la chambre pour la nuit . Le traitement a dû durer une bonne heure et demi en tout et partout et  j'étais «gelé solide » ! 

L'avantage d'être drogué comme ça, c'est qu'une fois de retour dans la chambre je pouvais à nouveau dormir paisiblement et sans douleur. Mon dieu que je me sentais bien. 

Au cours de la journée et de la soirée, Dr Côté ainsi que Dr Ouellet (mon docteur qui s'occupe de moi à Québec) sont venus me voir deux fois chacun pour s'assurer que j'allais bien. Ils en revenaient tout simplement pas que je sois passé à travers tout ça sans anesthésie générale. Je dois avouer que j'ai dépassé mes limites de tolérence à la douleur pendant ce traitement, mais quand c'est ta vie qui est en jeu, on n'a aucune idée de nos vraies limites. Je dirais même que je suis plus fier d'avoir passé à travers ça que toutes les lignes d'arrivées que j'ai pu franchir dans les compétitions que j'ai fait. 

Les nuits et les jours qui ont suivi ne furent pas de tout repos, mais je dirais que ça commence à mieux aller depuis mercredi. 

Aujourd'hui au moment d'écrire ces lignes, je dirais que je me sens bien même si j'ai encore le souffle très court. J'arrive à faire mes petites activités quotidiennes. J'ai même réussi à passer la tondeuse hier, yééé !! 

La prochaine étape sera une résonnance magnétique d'ici 4 semaines afin de voir si le traitement a été efficace et aussi pour s'assurer qu'il n'y a pas d'autres lésions non plus. 

Honnêtement, je sais que le cancer peut toucher n'importe qui et cela sans justice quelconque. Par contre, je crois que je mériterais un break là. J'espère vraiment de tout coeur que l'IRM ne détectera rien d'ici 4 semaines car j'ai vraiment envie de souffler un peu ! 

Merci encore à tout le monde pour votre soutien et votre amour. Vous êtes avec moi dans chacune de mes épreuves et je ne passerais pas à travers tout ça sans vous. 

À bientôt ! 

 

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